Critique de l’idéologie de la bienveillance

Prochain stage

du mardi 22 septembre à 14h au vendredi 25 septembre 2020 à 14h.
à Saint Germain sur Ille, à 20km de Rennes
Le programme est ici. Devis sur demande.

Présentation

J’y ai crû. J’en ai même enseigné des morceaux. J’ai bien senti qu’à des endroits, c’était étrange. Mais je repensais au processus d’intelligence collective utilisé pour produire cette situation et ça me rassurait. Depuis quelques années, ça ne me rassure plus, ça m’inquiète même.

Il y a un prêt-à-penser qui s’incarne dans un prêt-à-outiller. Il est séduisant, cohérent, efficace. Et bienveillant. Ce sont les outils d’intelligence collective, la météo intérieure, les processus de gouvernance partagée, la décision par consentement, la communication non-violente, les démarches de transition…

Des organisations de travail plongent dans cette idéologie de la bienveillance, en espérant y trouver une cohérence avec leurs valeurs de justice politique et sociale et du respect de la dignité et de l’égalité de chacun.

Cette idéologie n’est pas facilement critiquable car tous les écueils posés par sa mise-en-pratique sont expliquées par le manque de formation et de rigueur des personnes qui s’y essaient.

Cette idéologie présuppose implicitement, et sans doute inconsciemment, le collectif dangereux pour l’individu, ses libertés et ses droits, qu’il faut protéger par des procédures et des processus.

L’élaboration collective est délaissée pour des positionnements individuels, rendant la participation très exposante en cas de tensions sur un point à traiter.

Cette idéologie produit souvent ce qu’elle dénonce : une ambiance interdisant l’expression de la colère ou de tout sentiment négatif, créant une forme d’hypocrisie relationnelle, où les rapports de pouvoir se dissimulent dans la maîtrise des outils utilisés.

Faut-il la combattre ou la nuancer, la faire évoluer ? Je propose une formation de formateurs, d’éducateurs, d’intervenants, de toutes personnes en questionnement sur cet univers idéologique pour douter de ses fondements et de ses intentions.

S’autorisant à la fois des débats philosophiques sur l’égalité des intelligences chères à Rancière, ou la banalité du mal conceptualisée par Hannah Arendt, et des analyses de pratiques vécues par les participants, l’intention de cette formation est de se doter de retours critiques pour adapter ces outils et démarches à sa pratique professionnelle et non l’inverse.

Ressources

Voici en bonus l’éclairage de Luc Carton, interrogé par Franck Lepage sur le mythe de l’auto-gestion.

De l'éducation populaire en période obscure