La conférence gesticulée

Prochain cycle de formation : de février à juin 2019,  100 heures de formation réparties sur 4 regroupements distincts.
A Saint Germain sur Ille, à 20km de Rennes.
programme ici, devis sur demande.

1er regroupement : du 5 au 8 février 2019
2ème regroupement : du 12 au 15 mars 2019
3ème regroupement : du 2 au 4 mai 2019
4ème regroupement : du 18 au 22 juin 2019, avec présentations publiques les 20-21-22 juin 2049

Une conférence d’accord, mais pourquoi « gesticulée « ?

On pourrait définir la conférence gesticulée comme la rencontre entre des savoirs chauds et des savoirs froids. Cela ne donne pas un savoir tiède, cela donne un orage !

Les savoirs « chauds » : savoirs « illégitimes », savoirs populaires, savoirs politiques, savoirs de l’expérience…savoirs utiles pour de l’action collective…d’où l’idée « d’inculture », ou encore de « conte politique non autorisé »…s’il faut faire partie du CNRS pour être autorisé à poser une parole publique en France sur un sujet, du coup, ce qu’on a compris pendant 20 ans d’activité ne vaut pas grand-chose et n’a que le statut méprisé d’« états d’âme ».

Les savoirs « froids » : L’université publie d’excellentes analyses politiques, sociologiques, sur tous les sujets dont nous avons besoin…Boltanski et Bourdieu sur la culture du capitalisme, Castels sur le social, Eme et Wuhl sur l’insertion, Dubet sur l’école, Donzelot sur la Ville…comment se fait il que ces savoirs ne servent à rien dans la mobilisation et l’action collective ? Les « acteurs » sociaux ne lisent pas ou peu la production des intellectuels, qui elle-même ne rencontre pas ou peu le travail des acteurs sociaux.

On pourrait rétorquer que les assistantes sociales n’ont qu’à aller dans les colloques mais quand donc les colloques s’intéresseront ils au travail de l’assistante sociale ? Et à Quelle occasion aurons nous la chance de nous faire raconter, expliquer, et analyser le travail d’une assistante sociale, auquel – il faut bien le dire – nous ne connaissons rien !

L’idée de la conférence gesticulée est celle d’une transmission, qui n’est JAMAIS autorisée, jamais organisée : la transmission de l’expérience collective, (c’est-à-dire politique) que nous emmagasinons au fil de notre expérience.

La conférence gesticulée est une arme que le peuple se donne à lui-même. C’est une forme volontairement pauvre, pour ne pas être parasitée par des considérations « culturelles » où l’esthétique prendrait le pas sur le politique. Permettre à autrui d’entrer dans notre subjectivité et d’y atteindre l’universel et donc le politique. Dévoiler les systèmes de domination à l’œuvre tels que nous les avons vécus et rassembler des savoirs utiles pour l’action collective

1 – Le contenu

  • Un récit personnel, des anecdotes autobiographiques, qui illustrent et rendent « véridiques » les analyses. Le pouvoir de l’anecdote est réel.

  • Un commentaire politique analysé du problème en question (les savoirs « chauds »)…ce que j’ai compris moi-même. Mes réflexions.

  • Des apports extérieurs universitaires sur la question les savoirs »froids)…ce que d’autres en ont dit. On apprend quelque chose.

  • Une dimension historique : l’historicité c’est le rappel de la marge de manœuvre, c’est de comprendre comment le problème s’est construit.

2 – la forme

Raconter des histoires vécues qui font réfléchir en y apportant nos éclairages et prolongements (vers l’action). Elle emprunte à la convention spectaculaire. Pourtant ce n’est pas de « théâtre » à proprement parler dont il s’agit. Il s’agit d’un moment militant. Subjectif. Radical. Il vise à communiquer une émotion : colère ou enthousiasme, tristesse ou amertume…on n’est pas dans le seul registre de l’intellect. Il s’agit de partager de l’intime ! Tout est permis ! pédagogie de l’intimité : pour l’humour (sketch, autodérision, mise à mal de l’image de l’expert … par quelle scène commencer à mettre le pied à l’étrier de la conférence qui nous positionne dans cette intimité ?

De l'éducation populaire en période obscure