Une autre fin du monde est possible

Ceci est la nouvelle mouture de ma conférence gesticulée.

Intitulée « Faim de Pétrole » à sa création en 2008, c’était à l’époque une manière pour moi de faire quelque chose de ces savoirs qui m’encombraient autour de la crise énergétique qui sonnera le glas, à courte échéance, de notre civilisation thermo-industrielle.

Mon intention : rendre audible un discours catastrophiste qui me semble optimiste. Il n’y a qu’en regardant la réalité en face que l’on peut sereinement se poser la question du « Que faire ? »

Ce fut la première conférence gesticulée à tourner en dehors d’Inculture(s) de Franck Lepage, dont j’avais copié la forme avant que les formations de gesticulants n’existent. Et ça se voit. Je m’y trouve peu à l’aise sur scène, sur la forme surtout.

Une cinquantaine de dates plus loin, je la retravaille et elle devient « Le plein d’énergie ». J’y développe une critique des postures militantes en contrepoint des scénarios d’effondrement que je présente. J’atténue la violence de mes scénarios, j’enjolive les résistances possibles et cherche à ne pas abîmer l’espoir qu’il nous reste.

Une cinquantaine de dates plus loin, je n’ai plus envie de mentir, même si c’est par omission. J’arrête de jouer cette conférence. Dans le même temps, je découvre que je ne suis plus seul à porter ces analyses : de grandes institutions mondiales reconnaissent maintenant elles-mêmes ce qui n’est plus évitable, des scientifiques se dévoilent, des mouvements s’organisent autour du paradigme d’une société post-pétrole.

Alors j’ai à nouveau remanié ma conférence gesticulée, sur le fond, cette fois. Je ne mens plus. Il est temps d’ouvrir les yeux sur ce que nous vivons déjà. D’affronter le réel, avec calme et détermination, les yeux grand ouverts sur les difficultés et les possibilités qu’ouvre notre époque.

Une autre fin du monde est possible. Une conférence gesticulée sur ce nouveau paradigme de l’écologie politique : la collapsologie. L’étude de l’effondrement de notre civilisation. Et c’est une bonne nouvelle. Il faut la voir pour le croire.

De l'éducation populaire en période obscure